A l'occasion de la 13eme semaine pour l'emploi des personnes handicapées, nous avons interrogé Didier Plaze, Directeur de l'assocation Cap Emploi 73, pour en savoir plus sur la situation en Savoie.
Pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste votre mission ?
Notre association fait partie du réseau CAP Emploi en Rhône-Alpes, et nous nous mobilisons pour rapprocher deux publics : les personnes en situation de handicap et les employeurs publics comme privés. Nous accompagnons la personne handicapée dans sa recherche d'emploi, bilan de compétences, essais, formations,..., et par là même nous allons à la recherche des besoins des emploreurs savoyards. Avec la collaboration de Pôle Emploi et des syndicats d'employeurs, nous avons donc un réel travail de prospective.
La loi handicap de 2005 a fixé l'objectif aux entreprises de plus de 20 salariés, d'intégrer au moins 6% de salarié handicapé, au niveau national on est encore loin du compte (2,8%), quant est-il en Savoie ?
La Savoie est globalement en avance sur la moyenne nationale, car la question du handicap est une depuis de nombreuses années une priorité affichée, notamment par le Conseil général. Pour en venir au chiffre, nous étions récemment sur un taux de 5,3 % pour les entreprises de 20 salariés. Par contre le mode de calcul vient d'être modifié en englobant désormais les entreprises de transports. Les remontées mécaniques étant assimilées au transport, le taux a automatiquement baissé au vu de la forte représentant de ce secteur d'activité dans l'économie savoyarde. Mais nous allons prendre en considération ce nouveau mode de calcul pour progresser à nouveau.
Le dispositif de la loi de 2005 ne concerne que les entreprises de plus de 20 salariés, comment se positionnent les autres concernant l'emploi des personnes handicapées ?
Pas soumis au dispositif les entreprises de moins de 20 salariés restent toutefois trés actives sur ce secteur, de telle sorte qu'elle représentent 60% de notre activité ! Il est par contre impossible de s'avancer sur un chiffre du fait qu'il n'existe aucun système de calcul.
Pour en revenir à ce taux des 6% qui fait débat, pensez-vous qu'il soit atteignable en Savoie ?
C'est notre volonté et nous l'avions déjà presque atteint avec l'ancien mode de calcul. Nous avons en Savoie près de 13.000 personnes porteuses de handicaps et en situation de recherche d'emploi. Mathématiquement nous sommes donc en mesure d'atteindre ce chiffre de 6% à l'horizon 2010.
Que pensez-vous du système de "sanction" mis en place par la loi de 2005 (13500 euros de pénalité par employés handicapés manquant), qui sera d'ailleurs accentué après 2010 ?
Déjà il ne faut pas parler de sanction mais de contribution (auprès d'un fonds spécial). Cette contribution fait partie des solutions offertes aux entreprises par la loi, au même titre que l'emploi de salariés handicapés ou encore de la sous-traitance à des établissements spécialisés.
Ensuite pour ce qui est du triplement des mesure prévu pour 2010, il ne concernera que les entreprises (de plus de 20 salariés), qui depuis 2006, n'auront rien fait du tout pour l'intégration des personnes handicapées dans le monde de l'entreprise. Ces entreprises sont peu nombreuses en Savoie, nous en comptons que 60. Par ailleurs parmis ces 60 entreprises nous avons des cas où l'intégration est impossible. A titre d'exemple il est trés difficile pour certains hôtel de trés haute gamme de trouver des personnes handicapées formées pour ce type de service.
Au-delà de ces cas, quels sont selon vous les freins qui subsistent dans notre pays quant à l'embauche de salariés handicapés ?
Le premier frein reste l'image érronés que certains chefs d'entreprises ont par rapport aux handicapés. Il y a encore beaucoup de préjugés, alors même qu'une récente étude démontre que 90% des employeurs qui font appel à des salariés handicapés se disent satisfaits.
Le deuxième frein est à mon sens le déficit qu'il existe encore dans le domaine de la formation. Dans de nombreux cas des personnes qui deviennent handicapés ont besoin de changer d'orientation professionnelle et donc de réapprendre un nouveau métier. C'est là qu'il nous reste certainement encore une belle marge de progression.
Commentaires