Découvrir ou redécouvrir les richesses de l’Avant-Pays savoyard à travers l’histoire des tuiliers, voilà le pari de Jean Maret et Michel Tissut, deux savoyards de souche, passionnés d’histoire.
Suivant sur quelques siècles l’aventure de cette profession de tuilier, on découvre l’argile, les tuiles, un savoir faire, une histoire, un pays…voilà ce que l’on découvre dans cet ouvrage, qui dévoile une identité forte, mêlant une ruralité préservée aux remous d’une grande histoire, aux marges du royaume Pièmont-Sardaigne.
Jean Maret, comment vous est venu, avec Michel Tissut, l’idée d’écrire ce livre ?
Cette belle aventure est tout simplement partie d’un amour de l’Avant-Pays savoyard et de ses toitures. Nous ne connaissions rien au sujet des tuliers et des tuiles, mais nous étions intrigués par le nombre de hameau ou de lieu-dit, portant des noms faisant référence à cette activité. Curieux d’en savoir plus à ce sujet, nous avons donc décidé d’aller rechercher par nous même une explication.
Selon vous, l’histoire des tuliers était-elle représentative de celle de l’Avant-Pays ?
Evidemment ce n’est pas le seul prisme de l’histoire de ce territoire, mais personne ne c’était jusqu’alors penché sur la question, et cela nous a semblé intéressant de le faire.
Au final, on se rend compte qu’étudier cette activité, permet de revenir sur plusieurs siècles de l’histoire de l’Avant-Pays, avant la révolution française, pour être précis. De l’activité artisanale puis industrielle, à la richesse patrimoniale que représente aujourd’hui les toits en tuiles, on peut dire que le territoire à été marqué profondément.
Aujourd’hui il n’y a plus de tuilerie dans l’Avant-Pays ?
Non. Il reste seulement une quinzaine de tuileries artisanales en France. Dans l’Avant-Pays, l’empreinte de cette activité ne se caractérise plus que par la richesse patrimoniale que constitue tous les toits construits en tuiles. C’est aujourd’hui un vrai élément de l’identité paysagère de ce territoire ,une vraie richesse.
Cet ouvrage a nécessité une véritable étude globale de l’histoire de ces terres, comment avez vous procédé ?
Nous connaissions une personne dont le grand père était tuilier, et c’est en fait comme cela que tout commence. S’en est suivi 4 ans durant lesquels nous sommes allés de recherche en rencontres. C’est un travail minutieux, où on avançait souvent en aveugle.
Nous avons bien sûr passé beaucoup de temps dans les archives des différentes communes, sur les actes de recensement, chez des notaires, mais aussi et surtout directement chez les habitants, qui nous ont énormément aidés, notamment pour ce qui est de la documentation et de l’illustration de notre ouvrage.
Les particuliers ont donc bien accueillis vos travaux ?
Oui, absolument. On a souvent eu l’impression de toucher chez eux à une partie de leur histoire, de leur enfance, ce qui facilitait d’emblée nos rapports. Je pense que lorsqu’on s’intéresse à l’histoire des gens, ces derniers le perçoivent et sont fiers de pouvoir contribuer à ce retour dans le passé. Grâce à toutes ces rencontres, on s’est rendu compte que les tuiliers avaient réellement marqués ce territoire.
A l’issue de cette immersion profonde et intime dans cette partie de la Savoie, qu’est-ce que vous en retenez pour vous, et pour l’avenir ?
Pour nous, il est évident que notre regard a changé. Nous avons toujours apprécié cette terre, mais en y regardant de plus près on a appris à l’aimer encore plus, à découvrir des richesses insoupçonnées.
Pour ce qui est de l’avenir de ce territoire, nous avons été marqué par la cohabitation pas toujours évidente entre les gens qui résident là-bas depuis toujours, et les populations nouvelles qui s’y installent pour fuir les villes.
Les « locaux » semblent un peu inquiets de cette cohabitation, car ce sont deux modes de vie différents qui se retrouvent. D’un côté, une ruralité profonde, préservée et de l’autre des habitudes de citadins.
Cette problématique résume bien ce territoire : un cadre de vie d’exception, en proximité de grands pôles urbains. Il s’agira à l’avenir de savoir préserver la magnificence du site.
Un livre soutenu et édité par la Fédération des associations de protection du lac d'Aiguebelette (FAPLA)
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